Rétrospective et anticipations

A l’aube de 2026, quels sont les faits économiques marquants de l’année écoulée et les défis et opportunités auxquels nous devons nous attendre ?

…2025

Pendant la campagne pour son second mandat présidentiel, Donald Trump avertissait de son intention d’imposer des droits de douane au monde entier comme moyen de réindustrialiser les Etats-Unis. Lors du « Liberation Day » du 2 avril 2025, il présentait ainsi une liste de droits de douane appliqués à chaque pays en fonction de leur excédent commercial avec les USA. Les investisseurs, qui ne supportent pas l’incertitude, entraînent les indices vers le bas, le S&P 500 perd 20% en une semaine. Toutes les classes d’actifs trinquent, y compris les obligations, ce qui pousse finalement le président américain à repousser l’application des droits de douane de 90 jours. Soulagés les marchés rebondissent fortement, le S&P 500 effacera ses pertes en un mois. Entre temps, des accords commerciaux sont signés, imposant des droits de douane de 17% en moyenne (contre 3% en 2024) et dans certains cas des promesses d’investissement aux Etats-Unis.

Pour que le plan de réindustrialisation fonctionne avec des droits de douane plus élevés, il doit s’accompagner d’une baisse des taux directeurs. En effet, des coûts d’investissement réduits et un dollar faible soutiennent les entreprises et la relocalisation. Donald Trump a mis une pression dans ce sens à la Fed. Mais cette dernière est confrontée à un dilemme particulièrement difficile : ralentissement du marché du travail et inflation trop élevée. Finalement la Fed a baissé ses taux de 0.25% à 3 reprises entre septembre et décembre 2025 pour atteindre 3.75%.

Sur l’ensemble de l’année le secteur de l’intelligence artificielle a encore soutenu la croissance américaine (et mondiale) alternant entre optimisme et crainte d’éclatement d’une potentielle bulle alors que ces sociétés d’IA en hyper croissance peinent à monétiser leurs services à hauteur des engagements financiers. Un secteur en pleine euphorie, drainant des centaines de milliards de dollars d’investissement perturbés par le modèle de Deepseek ou les stratégies d’Alphabet. Un secteur qui interroge fortement à bien des égards, que ce soit financier, avec d’énormes attentes directes et indirectes (amélioration structurelle des rendements), ou philosophique ou sociétale.

La personnalité médiatique la plus présente lors de cette année 2025 reste incontestablement, et de très loin, Donald Trump qui agit et réagit à toutes les nouvelles de la planète : politiques, financières, judiciaires, géopolitiques, sociales, et même culturelles. Il n’aura de cesse de vouloir imposer son style et ses idées, émaillés de voltefaces dont il a le secret et d’ingérences tous azimuts. Ses changements inattendus à propos de l’Ukraine forcent l’Europe à prendre son destin en main. Sa souveraineté passe, entre autres par des investissements massifs dans le secteur de la défense, mais aussi des technologies de pointe, des infrastructures et de l’industrie.

Les droits de douane, et le « shut down » américain, viennent perturber fortement la lecture des chiffres macro-économiques des Etats-Unis, mais aussi les échanges commerciaux. La baisse de visibilité politique entraine des conséquences inattendues comme des effets de stockage par anticipation de taxes, ou les mouvements de devises. Le dollar perd plus de 9% par rapport à un panier de devises, et 13.4% contre l’Euro, venant ainsi renforcer la stratégie de Donald Trump pour réindustrialiser les Etats-Unis. Mais faisant perdre au passage une grande partie du gain des investissements réalisés en USD alors que les USA représentent plus de 70% du MSCI World (mais qu’environ 25% du PIB mondial). Ces incertitudes permettent ainsi à l’Or d’afficher un gain de plus de 64% sur l’année ; la baisse de 13% de l’USD permettra tout de même aux investisseurs européens d’enregistrer un gain de 50% : pas mal pour un actif qui ne produit rien. Le Bitcoin, définit par certains comme l’Or des nouvelles générations, perd quant à lui -6.46%, soit près de -20% pour ce même investisseur européen. L’indice des actions mondiales finit à +19.49% en USD (mais seulement +6% en EUR), et les obligations affichent une faible performance qui varie autour de 1% pour les obligations souveraines, autour de 2% pour les obligations d’entreprises Investment Grade et 2.7% pour celles à haut rendement.

2026…

  • L’économie mondiale entame l’année 2026 dans une phase d’expansion de fin de cycle, caractérisée par une croissance positive, bien que modérée, une inflation qui se normalise et des marchés de l’emploi résilients mais en refroidissement.
  • L’Europe entre dans un cycle de ré-industrialisation et de dépenses d’investissement (capex), tandis que les actions britanniques présentent des décotes de valorisation importantes malgré des perspectives de croissance des bénéfices. Les effets bénéfiques des plans d’investissement européens, Allemagne en tête, devraient soutenir une croissance molle attendue autour de 1.4%.
  • 2026 devrait être marquée par des trajectoires différentes des banques centrales : des baisses graduelles de taux pour la Réserve fédérale américaine (Fed), un maintien relatif de la Banque centrale européenne (BCE) et une normalisation prudente de la Banque du Japon (BoJ).
  • Les marchés émergents (hors Chine) affichent une croissance potentielle supérieure à celle des pays développés grâce à la demande intérieure mais aussi le cycle des semi-conducteurs (Taïwan, Corée) qui n’en finit pas de bénéficier des investissements colossaux dans l’IA. Et surtout une situation d’endettement que bon nombre de pays Européens, et Etats-Unis, rêveraient de connaitre.

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